Introduction
Le test du champ visuel (pĂ©rimĂ©trie) reste indispensable dans la prise en charge du glaucome et des affections neuro-ophtalmiques. Pendant des dĂ©cennies, l'Analyseur de Champ Visuel Humphrey (HFA) a Ă©tĂ© la norme clinique (pmc.ncbi.nlm.nih.gov), mais son matĂ©riel encombrant et ses examens longs limitent l'accessibilitĂ© â des problĂšmes mis en Ă©vidence lors de la pandĂ©mie de COVID-19. Les casques de rĂ©alitĂ© virtuelle (RV) et les plateformes Ă domicile promettent des tests plus flexibles. Des Ă©tudes rĂ©centes montrent que ces nouvelles mĂ©thodes peuvent rivaliser avec la pĂ©rimĂ©trie standard : un essai prospectif a rĂ©vĂ©lĂ© que les scores de dĂ©viation moyenne (MD) du pĂ©rimĂštre RV sont fortement corrĂ©lĂ©s avec le HFA (Spearman r â0,87, p<0,001) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). De mĂȘme, des tests prototypes de lunettes RV sur smartphones ont montrĂ© une forte corrĂ©lation avec les champs HFA (Spearman r=0,808) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Une revue systĂ©matique de 2023 a conclu que les dispositifs de RV sont comparables, voire meilleurs que les pĂ©rimĂštres conventionnels Ă bien des Ă©gards (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) â ils sont plus conviviaux pour les patients (meilleure fixation, confort) et beaucoup plus portables pour les patients Ă mobilitĂ© rĂ©duite. Ces innovations promettent une prĂ©cision diagnostique similaire Ă celle du HFA tout en offrant une utilisation plus facile, des tests plus courts et un potentiel de surveillance Ă distance.
Périmétrie basée sur casque : Précision et Utilisabilité
Les pĂ©rimĂštres RV montĂ©s sur la tĂȘte plongent les patients dans un environnement contrĂŽlĂ© et incluent souvent un suivi oculaire intĂ©grĂ©. Dans les Ă©tudes cliniques, les dispositifs de RV ont fourni des mesures de champ visuel presque Ă©quivalentes Ă la pĂ©rimĂ©trie standard. Par exemple, Griffin et al. ont constatĂ© que les valeurs de MD des patients atteints de glaucome obtenues avec un casque (Olleyes VisuALL) et le HFA correspondaient Ă©troitement (Spearman r=0,871) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Les diffĂ©rences de sensibilitĂ©s point par point n'Ă©taient en moyenne que de ~0,4 dB, avec un accord particuliĂšrement fort dans les cas de glaucome lĂ©ger Ă modĂ©rĂ© (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Dans une Ă©tude de taille comparable sur une configuration smartphone-RV, les seuils moyens dans quatre quadrants et le champ global n'ont montrĂ© aucune diffĂ©rence significative, appuyant l'interchangeabilitĂ© clinique (pmc.ncbi.nlm.nih.gov).
Il est Ă noter que les casques RV amĂ©liorent considĂ©rablement le confort de l'utilisateur et les conditions de test. Les patients peuvent s'asseoir ou se tenir debout sans mentonniĂšre, Ă©liminant ainsi la fatigue due aux fixations de la tĂȘte (www.mdpi.com). Par exemple, le casque VisuALL lĂ©ger basĂ© sur Pico se passe de lentilles d'essai et de contraintes, tout en maintenant la qualitĂ© d'image et le suivi de la fixation (www.mdpi.com) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Un essai a rapportĂ© une rĂ©duction de plus de 60 % des temps de test (7 contre 18 minutes) en utilisant la RV au lieu du HFA, et les participants ont jugĂ© l'examen RV beaucoup plus confortable grĂące Ă la conception du casque qui Ă©limine les mentonniĂšres et les coussinets (www.mdpi.com) (www.mdpi.com). L'affichage immersif bloque la lumiĂšre ambiante et peut intĂ©grer des invites vocales et un retour visuel pour maintenir l'engagement des patients. En fait, une Ă©tude contrĂŽlĂ©e de 2025 a rĂ©vĂ©lĂ© que les patients ĂągĂ©s ou Ă mobilitĂ© rĂ©duite prĂ©fĂ©raient les tests de RV au chevet aux pĂ©rimĂštres HFA, et le systĂšme de RV incluait mĂȘme des analyses d'IA pour le suivi de la fixation (www.mdpi.com) (www.mdpi.com).
Pour tous les dispositifs publiĂ©s, les pĂ©rimĂštres RV prĂ©sentent une bonne tolĂ©rance chez les patients : les sujets signalent moins de claustrophobie et trouvent les tests au casque moins stressants que la pĂ©rimĂ©trie conventionnelle Ă bol (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) (www.mdpi.com). En isolant les stimuli visuels des distractions du monde rĂ©el, la RV permet souvent une fixation plus fiable. Par exemple, la revue systĂ©matique a rĂ©vĂ©lĂ© que les patients avaient une meilleure fixation du regard avec les dispositifs de RV qu'avec les pĂ©rimĂštres standard, et mĂȘme les yeux gravement altĂ©rĂ©s pouvaient ĂȘtre testĂ©s de maniĂšre fiable car l'Ćil controlatĂ©ral reste fixĂ© (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Dans l'ensemble, les casques RV semblent offrir une prĂ©cision de test Ă©quivalente au HFA pour la plupart des patients, tout en amĂ©liorant considĂ©rablement la convivialitĂ© et l'efficacitĂ© des tests (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) (www.mdpi.com).
Périmétrie à domicile et sur tablette
ParallĂšlement aux Ă©quipements de RV, plusieurs pĂ©rimĂštres basĂ©s sur tablettes et navigateurs permettent des tests de champ visuel Ă domicile sur des appareils personnels. Ces plateformes varient en conception (utilisant souvent des cibles clignotantes ou en mouvement) mais partagent un faible coĂ»t et une facilitĂ© d'accĂšs. La suite Melbourne Rapid Fields (MRF) est un exemple phare : une application iPad approuvĂ©e par la FDA (pour usage au cabinet) et une version web pour les tests Ă domicile non supervisĂ©s. Dans les comparaisons cliniques, les valeurs de MD et de dĂ©viation standard de motif (PSD) du MRF Ă©taient comparables Ă celles du HFA : une Ă©tude transversale sur des yeux glaucomateux n'a montrĂ© aucune diffĂ©rence significative de MD ou de PSD entre les profils moyens du MRF et du HFA (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Le MRF avait tendance Ă prendre lĂ©gĂšrement moins de temps que le HFA (par exemple, 5,7 contre 6,3 minutes par Ćil) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Dans l'ensemble, les chercheurs ont conclu que le MRF est une alternative rentable et conviviale pour les contextes oĂč l'accĂšs aux pĂ©rimĂštres standard est limitĂ© (pmc.ncbi.nlm.nih.gov).
Crucialement pour la surveillance Ă domicile, des essais rĂ©cents rapportent que de tels systĂšmes sont fiables et valides en dehors de la clinique. Dans une Ă©tude de 2025 sur 53 patients atteints de glaucome (lĂ©ger Ă avancĂ©), les tests en ligne non supervisĂ©s du MRF Ă domicile ont montrĂ© un trĂšs fort accord avec les rĂ©sultats rĂ©cents du HFA en clinique des patients. La dĂ©viation moyenne avait une corrĂ©lation intra-classe (ICC) de 0,905 entre le MRF Ă domicile et le HFA en clinique, et la dĂ©viation de motif Ă©tait Ă©galement corrĂ©lĂ©e (ICCâ0,685) (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov). Encore plus rassurant, les tests Ă domicile rĂ©pĂ©tĂ©s Ă©taient hautement reproductibles : l'ICC du MD du MRF Ă©tait de 0,983 et l'ICC du PSD de 0,947 lors des tests-retests (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov). L'analyse de BlandâAltman a rĂ©vĂ©lĂ© que les limites Ă 95 % pour le MD Ă©taient d'environ ±3 dB lors des tests rĂ©pĂ©tĂ©s, ce qui est similaire Ă la variabilitĂ© de la pĂ©rimĂ©trie standard (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov). Une telle concordance suggĂšre que les cliniciens peuvent faire confiance aux valeurs de MD des pĂ©rimĂštres Ă domicile pour suivre les tendances. Les patients rapportent des attitudes positives : dans cet essai, la plupart des utilisateurs ont facilement accĂ©dĂ© au test en ligne et ont apprĂ©ciĂ© la surveillance Ă distance (pmc.ncbi.nlm.nih.gov), bien que l'adhĂ©sion ait diminuĂ© aprĂšs 6 mois. Dans une autre approche, la pĂ©rimĂ©trie circulaire de contraste en ligne (OCCP) â un test de scintillement basĂ© sur le web â a Ă©galement donnĂ© des champs comparables entre la clinique et le domicile. Au dĂ©but, l'OCCP Ă domicile par rapport Ă la clinique n'a montrĂ© qu'environ 1,3 dB de diffĂ©rence de MD en moyenne, avec un bon accord en PSD et un taux similaire de faux positifs/nĂ©gatifs (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Ainsi, plusieurs pĂ©rimĂštres Ă domicile ont dĂ©montrĂ© une prĂ©cision acceptable, bien que les Ă©tudes en conditions rĂ©elles notent des dĂ©fis en matiĂšre d'observance Ă long terme (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov).
En pratique, les systĂšmes Ă domicile nĂ©cessitent une sĂ©lection et un soutien du patient. Les candidats idĂ©aux sont des utilisateurs fiables de la technologie (par exemple, patients alphabĂ©tisĂ©s atteints d'un glaucome lĂ©ger) qui peuvent ĂȘtre formĂ©s au positionnement et Ă la rĂ©ponse. L'intĂ©gration initiale (souvent par appel vidĂ©o) et les sĂ©ances de pratique aident Ă surmonter l'effet d'apprentissage, car les premiers tests peuvent ĂȘtre lĂ©gĂšrement moins sensibles. De nombreuses Ă©tudes incluent un court tutoriel ou une pratique supervisĂ©e : par exemple, une Ă©tude MRF a fourni une dĂ©monstration d'une minute avant le test (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Des tests frĂ©quents familiarisent les patients, et â fait intĂ©ressant â il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© que les tests Ă domicile Ă haute frĂ©quence rĂ©duisent la variabilitĂ©. Dans la surveillance RV Ă domicile Ă long terme (Toronto Portable Perimeter), la variabilitĂ© inter-test du MD a diminuĂ© d'environ 30 % par rapport au HFA conventionnel (erreur RMS â1,18 dB contre 1,67 dB) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). En rĂ©sumĂ©, les plateformes Ă domicile validĂ©es peuvent reflĂ©ter la pĂ©rimĂ©trie clinique en termes de prĂ©cision. Leur succĂšs dĂ©pend d'interfaces faciles Ă utiliser, d'une formation Ă distance et de la motivation ; l'adhĂ©sion peut diminuer avec le temps si les patients et le personnel ne restent pas engagĂ©s (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov).
Indices composites structure-fonction
Les indices de champ visuel traditionnels tels que la DĂ©viation Moyenne (MD) et l'Indice de Champ Visuel (VFI) rĂ©sument la perte fonctionnelle mais ignorent la structure rĂ©tinienne. Inversement, la tomographie par cohĂ©rence optique (OCT) fournit des mesures objectives (par exemple, l'Ă©paisseur de la couche de fibres nerveuses rĂ©tiniennes) des dommages glaucomateux. De nouveaux indices composites visent Ă fusionner les deux pour une meilleure dĂ©tection de la progression. L'Indice CombinĂ© Structure-Fonction (CSFI) en est un exemple phare. Il utilise des formules publiĂ©es pour estimer le nombre de cellules ganglionnaires rĂ©tiniennes (CGR) Ă partir de l'OCT et de la pĂ©rimĂ©trie, puis les combine en une seule mĂ©trique de «pourcentage de perte de CGR» (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). En intĂ©grant les deux tests, le CSFI a montrĂ© une performance supĂ©rieure pour la stadification du glaucome : dans une Ă©tude, le CSFI a discriminĂ© le glaucome prĂ©coce du modĂ©rĂ© (ROC AUC 0,94) et le modĂ©rĂ© de l'avancĂ© (AUC 0,96), surpassant largement l'Ă©paisseur OCT seule (â€0,77) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Il est Ă noter que deux yeux avec une Ă©paisseur de CGFNR OCT identique (56 ÎŒm) mais des MD trĂšs diffĂ©rents (â13,3 contre â24,5 dB) ont Ă©tĂ© clairement distinguĂ©s par le CSFI (74 % contre 91 % de perte de CGR) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov), alors qu'une seule mesure OCT ou MD aurait manquĂ© l'Ă©cart de gravitĂ©.
Pour une utilisation longitudinale, les composites offrent Ă©galement des avantages. Ătant donnĂ© que de nombreuses CGR peuvent ĂȘtre perdues avant qu'une baisse statistiquement significative du MD n'apparaisse sur le SAP (pmc.ncbi.nlm.nih.gov), la combinaison de la structure et de la fonction fournit plus de « points d'arrivĂ©e » pour la progression du glaucome. Des Ă©tudes suggĂšrent que le CSFI peut prĂ©dire la progression plus tĂŽt que le MD seul (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Par exemple, Ogawa et al. de SĂŁo Paulo ont trouvĂ© que le CSFI global Ă©tait Ă©troitement corrĂ©lĂ© avec le MD et le VFI dans les yeux atteints de glaucome lĂ©ger/avancĂ© (rââ0,88) mais moins dans le glaucome modĂ©rĂ© (pmc.ncbi.nlm.nih.gov), ce qui implique que le CSFI pourrait dĂ©tecter les dommages en cours mĂȘme lorsque la pĂ©rimĂ©trie stagne au stade intermĂ©diaire. En termes pratiques, cela implique qu'une mĂ©trique composite pourrait signaler un changement mĂȘme si la pente du MD est encore plate. Bien que les preuves Ă grande Ă©chelle sur la dĂ©tection de la progression Ă©voluent, les donnĂ©es prĂ©liminaires indiquent que les indices combinĂ©s ajoutent de la sensibilitĂ© : Medeiros et al. ont rapportĂ© un AUC du CSFI d'environ 0,94 pour la dĂ©tection du glaucome (contre 0,85 pour les cas prĂ©-pĂ©rimĂ©triques) â une performance qui se « compare favorablement » au MD ou Ă l'OCT seul (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). En rĂ©sumĂ©, les indices structure-fonction (comme le CSFI ou les modĂšles d'apprentissage automatique plus rĂ©cents) complĂštent le MD/VFI en quantifiant le pourcentage de perte neuronale et peuvent rĂ©vĂ©ler la progression plus tĂŽt, en particulier dans les cas prĂ©-pĂ©rimĂ©triques ou de stade intermĂ©diaire.
Cependant, le MD et le VFI restent indispensables. Chacun a ses limites : le MD peut ĂȘtre influencĂ© par la cataracte et perd de sa sensibilitĂ© aux stades avancĂ©s, tandis que le VFI (un score pondĂ©rĂ© du champ « utile » restant) a tendance Ă plafonner dans les maladies avancĂ©es (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Les indices composites peuvent attĂ©nuer ces problĂšmes en Ă©quilibrant les forces des deux tests. Comme le note une revue, les tests structurels et fonctionnels ont des variabilitĂ©s et des Ă©chelles diffĂ©rentes, et les approches combinĂ©es « augmentent le nombre de points d'Ă©valuation » pour les essais et la surveillance (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). En pratique, les cliniques devraient considĂ©rer les mĂ©triques MD/VFI et OCT comme complĂ©mentaires, les composites offrant un rĂ©sumĂ© unique lorsqu'ils sont disponibles.
Variabilité test-retest et effets d'apprentissage
Chaque mĂ©thode pĂ©rimĂ©trique prĂ©sente une variabilitĂ© inhĂ©rente. MĂȘme la variabilitĂ© test-retest du SAP standard est de l'ordre de ~1 Ă 2 dB pour le MD dans les yeux glaucomateux (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Les nouveaux appareils ne sont pas diffĂ©rents, mais ils peuvent souvent rĂ©duire la variabilitĂ© en permettant des tests plus frĂ©quents. Cela a Ă©tĂ© Ă©vident dans une Ă©tude de surveillance Ă domicile de deux ans : les tests RV Ă haute frĂ©quence ont rĂ©duit de moitiĂ© le bruit MD effectif (erreur RMS ~1,18 dB) par rapport aux tests HFA en clinique (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Des rĂ©pĂ©titions frĂ©quentes ont resserrĂ© les lignes de tendance, facilitant la dĂ©tection des changements progressifs.
Les effets d'apprentissage sont une autre considĂ©ration universelle. Les patients inexpĂ©rimentĂ©s obtiennent gĂ©nĂ©ralement de meilleurs scores lors de leur deuxiĂšme sĂ©ance de pĂ©rimĂ©trie que lors de la premiĂšre. La plupart des Ă©tudes abordent ce point en fournissant des tests de pratique/dĂ©pistage. Par exemple, le protocole MRF sur iPad utilisait une dĂ©monstration d'une minute pour assurer la comprĂ©hension (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Les cliniciens qui pilotent ces outils devraient Ă©galement prĂ©voir une ou deux courtes formations et considĂ©rer le premier test comme un « essai de familiarisation », surtout si le patient est nouveau Ă la pĂ©rimĂ©trie par seuil. Les indices de fiabilitĂ© des performances (faux positifs/nĂ©gatifs, perte de fixation) doivent ĂȘtre surveillĂ©s : les sĂ©ries publiĂ©es sur la RV Ă domicile ont trouvĂ© des taux de faux positifs plus Ă©levĂ©s mais toujours acceptables (â5 % contre 3 % en clinique) et lĂ©gĂšrement plus de pauses initiĂ©es par le patient, mais 83 % des tests RV Ă domicile respectaient les seuils de fiabilitĂ© standard (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Cela reflĂšte les rapports antĂ©rieurs de tĂ©lĂ©-pĂ©rimĂ©trie et suggĂšre qu'avec des conseils appropriĂ©s, la plupart des patients peuvent obtenir des rĂ©sultats reproductibles.
La sĂ©lection des patients pour la nouvelle pĂ©rimĂ©trie est essentielle. Pratiquement tout adulte ou enfant coopĂ©ratif capable de suivre des instructions simples peut entreprendre des tests de RV, y compris ceux ayant des limitations physiques. En fait, la pĂ©rimĂ©trie RV a Ă©tĂ© proposĂ©e comme particuliĂšrement utile pour les patients en fauteuil roulant ou arthritiques qui ont des difficultĂ©s avec les pĂ©rimĂštres traditionnels (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). La conception immersive bĂ©nĂ©ficie Ă©galement aux soins du glaucome pĂ©diatrique en engageant les jeunes patients. Inversement, les patients souffrant de troubles cognitifs graves ou de vertiges peuvent trouver les casques dĂ©sorientants, de sorte que des mĂ©thodes alternatives devraient rester disponibles. De mĂȘme, les tests Ă domicile nĂ©cessitent des individus motivĂ©s, capables technologiquement et disposant d'une connexion internet fiable. Il est essentiel de s'assurer que les patients ont une vision adĂ©quate (par exemple, ~20/40 ou mieux), gĂšrent leurs lunettes et disposent d'un environnement de test calme.
ImplĂ©mentation et Ăvaluation Clinique
L'intĂ©gration de ces innovations dans une pratique nĂ©cessite un pilotage attentif. Les essais initiaux peuvent impliquer des comparaisons cĂŽte Ă cĂŽte : faire tester les patients avec le nouvel appareil et le pĂ©rimĂštre standard lors d'une mĂȘme visite. Des mĂ©triques comme le MD, le PSD/VFI et la sensibilitĂ© point par point doivent ĂȘtre examinĂ©es pour dĂ©tecter des biais systĂ©matiques. Par exemple, de petits dĂ©calages systĂ©matiques (par exemple, un appareil RV lisant 0,5 dB de MD en moyenne plus Ă©levĂ©) doivent ĂȘtre quantifiĂ©s afin que les cliniciens puissent interprĂ©ter correctement les tendances. Toute diffĂ©rence de base de donnĂ©es normative ou d'algorithme de seuil doit ĂȘtre comprise. Il peut ĂȘtre judicieux d'Ă©tablir des plages normatives internes en testant un groupe de volontaires sains avec le nouvel appareil.
Les cabinets devraient Ă©galement Ă©valuer l'utilisabilitĂ©. Le feedback des patients sur le confort, la facilitĂ© des instructions et la prĂ©fĂ©rence est important. Comme les essais l'ont montrĂ©, la plupart trouvent les pĂ©rimĂštres RV plus agrĂ©ables (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) (www.mdpi.com) ; documenter cela peut rassurer le personnel et les patients sceptiques. Ăvaluer les durĂ©es de test et les taux d'erreur : si les nouveaux examens sont nettement plus courts ou ont moins de pertes de fixation, c'est un gain opĂ©rationnel. De mĂȘme, suivre les indices de fiabilitĂ©. Un systĂšme bien validĂ© devrait produire des pertes de fixation, des faux positifs et des faux nĂ©gatifs Ă des taux similaires Ă la pĂ©rimĂ©trie clinique. Pour les tests Ă domicile, surveiller l'observance : l'expĂ©rience suggĂšre que l'inscription est Ă©levĂ©e mais que l'adhĂ©sion Ă long terme peut chuter (seulement ~70â80 % ont effectuĂ© un premier CV Ă domicile, puis moins sont restĂ©s actifs au-delĂ d'un an) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Les rappels programmĂ©s, l'Ă©ducation des patients et les incitations (par exemple, lier les rĂ©sultats directement aux notes du DSE) peuvent amĂ©liorer la rĂ©tention.
L'intĂ©gration des donnĂ©es est un autre obstacle. De nombreuses plateformes de RV ou de pĂ©rimĂ©trie Ă domicile offrent des rapports basĂ©s sur le cloud. Les cliniques peuvent tester pour s'assurer que ces sorties (fichiers PDF ou d'entrĂ©e DSE) s'intĂšgrent Ă leur flux de travail. Il peut ĂȘtre utile de mener une pĂ©riode de « validation » prospective oĂč les indicateurs de progression du nouveau pĂ©rimĂštre sont comparĂ©s aux analyses d'Ă©vĂ©nements/tendances de Goldmann ou HFA. Les indices composites (CSFI ou similaires) nĂ©cessiteront des logiciels supplĂ©mentaires (soit des analyses intĂ©grĂ©es Ă l'appareil, soit des outils externes) et une formation du personnel. Commencer par des yeux stables ou clairement en progression est judicieux afin que les divergences puissent ĂȘtre repĂ©rĂ©es tĂŽt sans risque pour le patient.
Enfin, la documentation est essentielle. Tout nouvel appareil doit ĂȘtre dĂ©crit dans le dossier du patient Ă cĂŽtĂ© des champs standard, et les formulaires de consentement mis Ă jour si nĂ©cessaire (en particulier pour les tests Ă domicile). Les essais pilotes devraient durer suffisamment longtemps pour accumuler plusieurs tests par Ćil (souvent 4 Ă 6) afin d'Ă©tablir une base de rĂ©fĂ©rence et une reproductibilitĂ© avant de passer entiĂšrement Ă la nouvelle mĂ©thode. En comparant systĂ©matiquement les rĂ©sultats, en formant le personnel et en Ă©duquant les patients, les cliniques peuvent adopter de maniĂšre responsable la RV et la pĂ©rimĂ©trie Ă domicile. Au fil du temps, l'amĂ©lioration de l'accessibilitĂ© et de l'engagement de ces outils pourrait conduire Ă une surveillance plus frĂ©quente et Ă une dĂ©tection plus prĂ©coce de la progression du glaucome en pratique courante.
Conclusion
Les technologies de pĂ©rimĂ©trie Ă©mergentes â notamment les casques RV et les plateformes de surveillance Ă domicile â s'avĂšrent des alternatives prĂ©cises et conviviales Ă la pĂ©rimĂ©trie conventionnelle Ă bol. Elles correspondent gĂ©nĂ©ralement aux indices globaux dĂ©rivĂ©s de Humphrey tout en offrant des tests plus courts et un meilleur confort pour le patient (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) (www.mdpi.com). Les systĂšmes Ă domicile validĂ©s (par exemple, MRF, OCCP, RV sur smartphone) sont bien corrĂ©lĂ©s avec les CV cliniques et montrent une excellente reproductibilitĂ© test-retest (pubmed.ncbi.nlm.nih.gov) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov), bien que l'observance dans la vie rĂ©elle puisse diminuer. De nouveaux indices composites structure-fonction (comme le CSFI) amĂ©liorent encore la dĂ©tection de la progression en combinant l'OCT avec les donnĂ©es de CV, surpassant souvent le MD/VFI seul pour la stadification et les changements prĂ©coces (pmc.ncbi.nlm.nih.gov) (pmc.ncbi.nlm.nih.gov). Les cliniques devraient tester ces outils avec soin â en vĂ©rifiant l'accord avec la pĂ©rimĂ©trie standard, en s'assurant que les patients peuvent apprendre les tests et en Ă©laborant des flux de travail appropriĂ©s â afin de tirer parti de leurs avantages pour la prise en charge du glaucome.
